Nouvel étiquetage nutritionnel : pas de réel impact sur la santé ?

 

Cela fait 10 semaines que 4 nouveaux systèmes d’étiquetage alimentaire ont été lancés. A l’issue de cette période de test, l’ANSES affirme que ceux-ci ne sont pas pertinents.

L’agence de sécurité sanitaire (ANSES) a rendu mardi dernier ses conclusions sur les résultats des 4 nouveaux systèmes d’étiquetage…et les résultats ne sont pas probants.

En effet l’ANSES affirme ainsi qu’aucune corrélation n’a été trouvée entre ces étiquetages et la diminution de maladies chroniques directement liées au mode d’alimentation telles que l’obésité ou le diabète. Elle a également ajouté que la pertinence nutritionnelle des systèmes d’information nutritionnels examinés n’était pas démontrée.

 

Un choc pour l’UFC-Que Choisir

Ce constat n’a pas manqué de faire réagir l’UFC Que-Choisir qui a, quelques heures après le communiqué de l’ANSES, réagit en estimant que cet argument n’était pas valable pour décider de mettre en place ou non le système. L’association des consommateurs a également ajouté un autre argument : les maladies étudiées étant des affections de longue durée, les études sur les effets potentiels des étiquetages ne sont pas encore disponibles.

La ministre de la santé Marisol Touraine avait décidé en mai 2016 de lancer un test comparatif entre quatre systèmes. Une mesure prise face à la pression mise par les industriels pour une étude auprès des grandes surfaces. Ces 4 systèmes étaient les suivants :

Le Nutri-score : système proposé par l’Inserm classant chaque produit grâce à une lettre associée à une couleur du A vert au E rouge (du meilleur au moins bon)

le Nutri-Couleur : système basé sur celui en vigueur au Royaume-Uni, le Nutri-couleur proposé par un groupement d’industriels propose de visualiser via les couleurs rouge, jaune et vert l’apport des nutriments de chaque aliment par rapport à ceux nécessaires. Une portion trop riche en lipides verra sa partie acides gras en rouge par exemple.

le Nutri-repère : fédérations d’industriels, Alliance 7 et FICT ont proposé ce système d’étiquetage alimentaire. Il consiste en une représentation graphique des apports nutritionnels de chaque portion. En un coup d’œil on voit directement quel nutriment est plus élevé par rapport aux autres.

le SENS : repère de fréquence de consommation, le SENS répartis en quatre classes les aliments en en donnant un repère de fréquence de consommation.

Un principe acté dans une loi d’il y a deux ans

La mise en place de ces 4 systèmes faisait l’objet d’une polémique depuis son annonce, en raison du manque d’impartialité du comité instauré pour les évaluer pointé du doigt par plusieurs chercheurs en nutrition.

 

Pour rappel, c’est la loi sur la modernisation du système de santé votée fin 2015 qui a mis en place ces nouveaux étiquetages alimentaires. Ces derniers étaient supposés rendre plus compréhensibles les informations nutritionnelles actuelles des différentes portions alimentaires, à savoir glucides, lipides, protides et parfois vitamines afin d’inciter les consommateurs à limiter leur consommation de gras et de sucre, et ainsi lutter contre l’augmentation de maladies telles que l’obésité et le diabète.

 

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