Sidaction et dons

sidactionRappels sur le Sidaction

Le Sidaction est une campagne humanitaire en faveur de la prévention, la recherche et la lutte contre la maladie du SIDA en France et à l’international. En vérité, c’est aussi le nom de l’association organisatrice de la campagne, fondée en 1994. Elle est d’ailleurs la seule association française de lutte contre le sida à permettre le financement de la recherche.

Le Sidaction en quelques chiffres

L’année passée, ce sont 39 projets qui ont pu être soutenus en recherche. Par ailleurs, plus de 56 000 personnes sont mises sous traitement dont 5636 enfants via des structures sanitaires soutenues par la cause humanitaire. Sidaction soutient également 101 projets d’aides aux malades à travers plus de 70 associations. Lire la suite

Qu’est-ce que le choléra ?

Rencontre avec le docteur Dominique Legros, Médecin spécialiste, gestion des risques infectieux, programme de gestion des situations d’urgence de l’OMS.

Dr DL : Le choléra, c’est une maladie diarrhéique aigüe qui évolue très rapidement, qui est transmise par l’eau. On se contamine soit en buvant de l’eau contaminée par le vibrio qui est responsable de la maladie soit en consommant des fruits ou des légumes frais contaminés par la maladie. C’est une transmission dite féco-orales.

Quels sont les symptômes ?

Kathryn Alberti, gestion des risques infectieux, programme de gestion des situations d’urgence de l’OMS : Dans la plupart des cas, les gens ne sont pas très malades. Soit ils ne sentent aucun symptôme, soit ils ont une légère diarrhée. Mais pour environ 20-25% de ceux atteints de diarrhée, cette dernière devient très sévère, souvent accompagnée de vomissements. La maladie progresse très rapidement, les gens peuvent être bien le matin et très malades en fin de journée.

Quels sont les traitements ?

Docteur DL : Le traitement est très simple, en théorie en tout cas. Il suffit de réhydrater le patient avec en première intention des sachets de réhydratation orale et puis dans les cas sévères une réhydratation par voie intraveineuse. Pour les cas assez sévères on donne aussi des antibiotiques.

Comment prévenir le choléra ?

D’abord, c’est l’accès à l’eau potable. Si on donne à une population l’accès à l’eau potable d’une manière universelle, on règlera le problème du choléra, ça c’est très clair. Par ailleurs, en cas de maladie, il faut pouvoir prendre en charge le patient le plus rapidement possible. Je disais, c’est une maladie qui évolue très vite. Donc le vaccin vient en supplément, en outil supplémentaire pour soit prévenir l’apparition d’une épidémie, par exemple au cours des crises humanitaires, ou alors en réponse à une épidémie en ciblant les groupes qui ont accès à l’eau potable et à l’assainissement qui n’est pas suffisant et dont on pense qu’ils seront à risque de choléra.

Quelle est l’efficacité du vaccin ?

Docteur DL : Il existe aujourd’hui deux vaccins contre le choléra qui sont préqualifiés par l’OMS et ces deux vaccins sont identiques. Ils se prennent par voie orale. On a distribué depuis la mise en place d’un stock il y a 3 ans environ 5 millions de doses. On a pas relevé d’effet secondaire important donc on considère que ces vaccins sont secure, qu’ils ne donnent pas d’effets secondaires. Ils one une efficacité de l’ordre de 65% à 5 ans et sont donc assez faciles à administrer puisqu’il n’y a pas besoin d’avoir de personnel très qualifié. La seule complexité en quelque sorte : ce sont deux doses qui obligent à retourner un deuxième fois, deux semaines après la première dose, pour assurer une protection maximale.

 

Une retranscription proposée par le docteur Manuel Hattinguais

Endodiag, vers un meilleur diagnostic de l’endométriose

Au moins une femme sur dix souffre d’endométriose. Cette maladie très courante, mais aussi encore très méconnue, commence à sortir du tabou. Les femmes en souffrant attendent avec impatience une meilleure prise en charge, aussi bien en termes de diagnostic que de traitements.

Le centre de l’endométriose de l’hôpital Paris Saint Joseph répondra vendredi prochain, à l’occasion de la Semaine européenne de lutte contre l’endométriose, aux questions et présentera les avancées dans la recherche pour la lutte contre la maladie. Le centre parlera également d’Endodiag, une entreprise qui travaille sur un diagnostic de cette maladie à partir d’un simple échantillon de sang.

Un diagnostic tardif

Rappelons que l’endométriose est une maladie chronique gynécologique : l’endomètre, tissu utérien à l’origine des règles quand il n’y a pas fécondation, se déplace vers d’autres organes, provoquant kystes et lésions dans les ovaires, la vessie, les trompes et peut même aller jusqu’au poumon et diaphragme. Cette maladie est très difficile à diagnostiquer car les signaux (douleurs pelviennes, douleurs pendant les règles) sont à la fois variés et banalisés. Si bien qu’aujourd’hui, les patientes attendent près de sept ans entre les premières plaintes et un diagnostic ferme…

endodiagEndodiag, un diagnostic sous forme de prise de sang

C’est début 2011 qu’a été créée Endodiag. Cette entreprise fondée par un gynécologue, une ingénieure biomédicale, un business développeur et un biologiste ont pour objectif de parvenir à diagnostiquer la maladie d’une simple prise de sang. En d’autres termes, un moyen plus simple et plus rapide qu’une intervention chirurgicale, moyen beaucoup plus lourd, coûteux voire parfois traumatisant. Une échographie pelvienne et une IRM peuvent également être pratiqués à la place de la chirurgie, néanmoins les résultats ne sont pas aussi précis.

La cofondatrice d’Endodiag espère une mise sur le marché d’ici deux ans. Pour l’instant, le produit est à l’état de recherche, annonce Eric Sauvanet, docteur chirurgien gynécologique du centre de l’endométriose.

Cécile Réal, l’ingénieure médicale et une des fondatrices de l’entreprise annonce également que la maladie étant évolutive, au plus tôt elle est prise en charge, au mieux elle est traitée. Une prise en charge rapide permet en effet d’alléger de souffrances inutiles, de prévenir des lésions pouvant endommager les organes à long terme et de limiter les problèmes d’infertilité (30 à 40 % des patientes atteintes souffrent également d’un problème d’infertilité)

Vers un dépistage de masse

Eric Sauvanet, affirme que cette piste du diagnostic par prise de sang pourrait permettre un dépistage de masse, en particulier auprès des femmes qui n’ont pas accès à un centre spécialisé ou un personnel formé sur l’endométriose. S’il réussit, le test pourrait également fournir des résultats précis, contrairement à l’imagerie qui donne parfois des résultats normaux même chez les patientes atteintes d’endométriose.

La solution permettrait par ailleurs de réaliser une économie considérable pour la Sécurité Sociale (imageries inadéquates à répétition, actes chirurgicaux, arrêts maladie…)

Attentes pour des traitements adaptés

Outre le diagnostic, une autre problématique à prendre en compte est bien sûr celle du diagnostic. Adapter les thérapies est donc crucial, surtout maintenant où beaucoup de patientes se trouvent dans l’impasse. Car la seule solution actuelle réside en la prise de piule en continu pour supprimer les règles. Un traitement qui soigne les douleurs mais pas la maladie en elle-même, d’autant plus que 10 à 15 % des malades ne supportent pas bien le traitement hormonal.

 

Manuel Hattinguais

Une peau de poisson pour aider à guérir les brûlures

Un essai clinique est actuellement mené au Brésil pour soigner les brûlures au second degré grâce à…de la peau de poisson.
C’est dans la ville de Fortaleza, au nord-est du Brésil, que des patients sont soignés via cet étrange bandage. Pour la toute première fois au monde, on y teste les effets de la peau de tilapia pour soigner les brûlures jusqu’au second degré.

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Une étude clinique justifiée par la forte présence de collagène de type 1 et 3 dans la peau de ce poisson, comme expliqué par le Dr Edmar Maciel spécialiste en chirurgie plastique et réparatrice. C’est lui qui est chargé de diriger l’étude clinique. Il affirme également que la résistance de la peau de ce poisson est supérieure à celle de la peau humaine.
La peau de tilapia est, une fois stérilisée bien entendu (chlorhexidine puis glycerol), appliquée par des médecins sur les brûlures superficielles du second degré et laissée posée sur la brûlure jusqu’à cicatrisation complète.
En revanche, la peau de tilapia appliquée sur les brûlures profondes (où vaisseaux sanguins et terminaisons nerveuses ont subi des lésions) du second degré doit être régulièrement changée au cours des semaines de traitement. Elle a pour avantage de n’avoir besoin d’être changée moins souvent que les bandages classiques. Une avancée quand on sait que le changement de bandages de ces brûlures se fait au prix de grandes douleurs quotidiennement. Ainsi, l’usage de peau de tilapia permettrait d’accélérer de plusieurs jours la cicatrisation et diminuer les besoins et donc la consommation d’antalgiques.

Un patient grièvement brûle après l’explosion d’une bouteille de gaz sur son bateau, Antônio dos Santos, a ainsi participé à l’étude clinique à l’issue de laquelle il témoigne que « la peau de tilapia, une fois appliquée, a vraiment atténué la douleur. » Un phénomène rendu possible grâce à l’adhésion de la peau de poisson sur la plaie brûlée qui crée alors un «effet tampon » empêchant la contamination et prévenant la sécheresse et la perte de protéines. Au total, ce sont 52 patients qui ont participé à l’étude clinique de ce bandage atypique sur les brûlures du second degré. Parmi eux, pas un seul n’a présenté de complications.

Pour retrouver l’article complet et le documentaire (tous deux en anglais), Manuel Hattinguais vous invite à consulter le lien ci-dessous : La peau de Tilapia pour soigner les brûlures